Tanguy est un peu un précurseur du temps partagé. Cela fait douze ans que Vénétis Vannes donne du travail à ce responsable Qualité dans différentes entreprises. «En douze ans, j'ai reçu quatre propositions d'embauche à temps plein; je les ai toutes refusées. Je crois que ça montre mon attachement au temps partagé», sourit le cadre de 45 ans. Aujourd'hui, l'emploi du temps de Tanguy est réparti sur deux entreprises. Trois jours et demi par semaine, il officie à Vannes, chez Sigmaphi, qui fabrique des pièces pour les accélérateurs de particules. Dix ans qu'il travaille là-bas, «ce qui montre que le temps partagé n'est pas une solution temporaire».
Yann est chaudronnier et employé par Vénétis pour travailler chez STX à temps complet... ou presque. Car quand Manumétal, autre entreprise adhérente à Vénétis, a besoin de lui, il est là. «Manumétal répare des pièces métalliques un peu partout. Parfois, ils ne trouvaient pas d'intérimaires compétents au bon moment. «J'étais un peu sceptique au départ, j'aimais bien la variété de l'intérim. Mais au final, ça m'évite de me soucier d'où je travaillerai dans deux mois. Et passer de la navale à l'industrie, ça fait du bien, on apprend des choses différentes. Et puis, si Manumétal n'a plus de boulot ou si STX coule, Vénétis doit me retrouver un emploi. Je suis tranquille».
Pour Arnaud, dessinateur industriel, le temps partagé est fait pour lui : « La diversité des fonctions me permet d’avoir plus de recul et m’oblige à jongler avec les priorités : il est important d’aller à l’essentiel, il faut être méthodique et organisé… »